LA PHOTO DU MOIS




  Wouarf, Wouarf, Wouarf !!!!
Jeudi 24 avril 2008

Il est bientôt temps de retourner à la maison. Nous quittons donc les San Blas ; retour par une nuit de pleine lune et une matinée magnifique; mer quasiment plate et bon vent. Nous rentrons, toutes voiles dehors, au largue, à plus de 6 nœuds de moyenne (c’est très respectable).

 



Personne n’est malade, cela ajoute au plaisir. Ceci est une grande nouvelle; Martin n’est quasiment plus malade en mer. En même temps, étrangement, moins il est malade et plus je le deviens. Qui a parlé de psychologique?

Après avoir essayé l’homéopathie, voilà que je tente un produit aux plantes- donc tout à fait inoffensif- qui fût offert à Martin il y a quelques mois. Il s’agit d’un produit relaxant. Résultat époustouflant; pas l’once d’une nausée, l’intérieur du bateau ne me fait même pas peur et quel calme! Nous avons levé l’ancre ¼ d’heure après que j’ai avalé ma cuillère magique; le moteur a calé –pour la première fois depuis que nous l’utilisons- environ 2 minutes après avoir décroché l’ancre, la grand-voile pas encore totalement hissée, le génois pas déroulé et un plateau de corail à moins de 10 mètres à tribord, à moins de 50 de l’autre côté. Tandis que Martin commence à s’agiter, insiste pour que je tente de le redémarrer (l’arrivée d’essence était coupée), je lui assure sur un ton tranquille- et avec quelques longues secondes de réaction- que nous avons largement le temps de hisser les voiles, de prendre un peu de vitesse et de virer. Je l’encourage donc à finir de mettre les voiles. Il me persuadera tout de même d’empanner rapidement, à une petite distance du plateau sous le vent. Je veillais donc cette nuit là- et beaucoup pourront certifier que ce n’est pas à mon habitude J- totalement perchée; consciente tout de même qu’il valait mieux que j’évite toute manœuvre sur le pont.


Moteur hiverné, capots étanchéifiés, clim installée et bateau empaqueté, nous le quittons encore une fois, pour 6 mois.

 

Nous voici à Panama city pour profiter de quelques jours encore, tout en se préparant à retrouver la vie citadine. Nous sommes très occupés. Dans quelques jours, il y a mariage et puis baptême, occasions pour lesquelles nous préfèrerions ne pas faire honte à nos familles. Il est donc important que nous troquions nos tongs, maillots de bain et bobs à fleurs contre quelque costume plus de circonstance. Pour cela, nous orientons nos visites vers le quartier « luxe » de la ville.

 

 


 

Les boutiques luxes sont réunies en galeries marchandes énormes, et plus spécialement une, après le quatier d’affaires de Bella Vista. Dans celle-ci, même pas un Mc Donald ne s’y trouve! C’est la première fois que nous trouvons à manger une vraie salade (à part celles du Mac Do, justement) dans ce pays de la friture, il existe un restaurant vert!

Nous le savions, mais l’avions oublié; ici, les riches sont les blancs. Les noirs et métisses sont les employés ou les gardiens, sauf dans les vrais magasins de luxe, chez Louis Vuitton ou Cartier, tout le monde est blanc. Rentrés à notre hôtel de passe, dans ce quartier très animé que nous apprécions, quelque chose nous dérange. Nous allons dîner; nous demandons de l’eau; alors la serveuse s’exclaffe joyeusement; elle pense que nous lui faisons une blague (le coca est moins cher). Depuis le début de notre voyage, nous avons toujours pris les hôtels premiers prix (sauf ici à Panama où le niveau est déjà relativement élevé) et nous sommes habitués à la ville de Colon, bien qu’on ne puisse y circuler quasiment qu’en taxi, avec ses tôles qui pendent des balcons eux-mêmes fissurés et branlants des anciennes constructions coloniales, ses monceaux de détritus qui bouchent volontairement certaines ruelles coupe-gorges, eux-mêmes surmontés de nombreux charognards, ses rues inondées en permanence, y compris à la saison sèche, ses squelettes hagards qui déambulent à la recherche de petites choses utiles dans les caniveaux, mais aussi, ses routes tout à coup coupées par de mini-barricades ayant rôles de buts pour un foot improvisé, les coups de klaxons machinaux des chauffeurs de taxi habitués, la piscine gonfable déposée en guise de Colon-plage sur le trottoir en face du terminal de bus, la caisse et l’animation étant assurée par une ou deux fortes femmes arrosant au jet d’eau les enfants qui s’y trouvent et hurlent de joie. Aujourd’hui, nous avons découvert un tout autre Panama, où l’on mange de la salade, moins gai, où les femmes de plus de 18 ans ne sont pas toutes accompagnées d’enfants et les maigres mannequins parisiens ont remplacées sur les affiches ces bimbos à la poitrine indécente; nous ne pouvons nier que la différence nous dérange.

 

 


 

A bientôt donc. Nous prenons l’avion dans les jours qui viennent.

 


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Vendredi 4 avril 2008

Je tiens, avant toute chose, à jouer mon rôle de témoin : Caroline a survécu 10 jours durant, sur un bateau sans douche ni toilettes. Elle a non seulement survécu mais en plus, il semble que ça lui ait plu !

A tous ceux qui connaissent Caro, et qui la prenaient pour une citadine, je vais vous en apprendre une bonne ; elle est aussi un peu savage ! Pour les sceptiques, photos à l’appui.



 

 







 

 


Cette précision importante faite, passons à la vie. L’arrivée d’Antoine sur le bateau a contribué à faire de la pêche l’une des préoccupations principales de nos journées. Martin s’est spécialisé dans celle de la langouste. Depuis, il lui est très difficile de résister à la tentation de les attraper lorsqu’il aperçoit des antennes sous les patates de corails ; il l’a pourtant bien fallu, la saison étant terminée depuis peu. Antoine, quant à lui, semblait avoir décidé un rapprochement avec les requins. Ainsi, têtes de poissons apâtant en bout de lignes, un specimen a mordu entraînant l’équipage dans une bataille effrénée depuis le pont du bateau. Imaginez la scène : Antoine pendu à la ligne, tirant de toute ses forces pour empêcher le prédateur d’atteindre l’autre côté de la quille, ce qui aurait -qui a- compliqué les choses; Caro, munie du manche à balai, penchée de tout ce que sa souplesse lui permettait, tentant d’assommer la bête par de vigoureux coups; Martin, surnommé « The savage », poussant de petits cris d’encouragements, tandis que je tentais d’immortaliser le moment : en voici le résultat, justifiant que je fasse appel à votre imagination :

 

 


 

A défaut de l’avoir mangé, Antoine eut l’occasion de recroiser son duelliste (si ce n’était lui, ce devait être son frère), largement plus grand que lui d’ailleurs, lors d’une petite promenade à palmes. Se faisant face dans un chenal formé par deux plateaux de corail, courtois, ils s’écartèrent l’un de l’autre dans des directions opposées. Ce mouillage des Coco en est étrangement bondé. Heureusement, informé par notre livre « vivre en milieu hostile », et par l’expérience de Martin en la matière, aussi, bien sûr, il savait. Il savait que, face à un requin qui tente d’agresser, il faut d’abord crier et, tout en lui faisant bien face, s’agiter, battre des bras et des jambes. En dernier recours, donner des coups de poings dans son nez; c’est ce qu’il faut faire. Grâce à cela, il pût, plein de sang froid, distinguer que celui-ci ne lui voulait pas de mal.

 


 

N’ayant toujours pas goûté au requin, nous avons dû nous sustenter à l’aide de langoustes principalement. Il fût une époque où nous les achetions au Kunas ; aujourd’hui, il faudrait les leur vendre! Ah ah ! Là-dessus, la recette, au four, de maman Vallée nous fût bien utile, ainsi que les dons de cuisine de son fils, bien sûr ! C’est que nous n’aimons pas bien disséquer ces bêtes-là, nous, pas beaucoup plus que les poissons…mais, il y a tout de même des progrès, nous ne rendons plus jamais à la mer ce qui vient de la mer !

 

 


 

A ce propos, j’ai également à dire : On me dit un jour, que pour garder un homme, il fallait cuisiner. A l’époque j’étais très mal partie, mais je crois que ça y est, j’ai mes chances!

Le déclic, je ne le connais pas, peut-être était-ce, après le départ de nos invités, l’état de nos provisions qui devait nous imposer de manger encore beaucoup de riz dans les semaines à venir, la proposition d’un ami de nous fournir des œufs, de la farine…toujours est-il que j’ai utilisé le four. Et voici quelques une de mes œuvres dont je suis extrêmement fière:

 

 

Tout commentaire en l’espèce sera accueilli chaleureusement, n’hésitez pas.

Je ne prétends pas bien sûr, en matière de brioche, faire concurrence à ma belle-mère. La chaleur tropicale aidant largement à la bonne levée de la pâte!

 

Une autre réussite consiste en la révision de tout notre système électrique. Aujourd’hui, nous sommes en mesure d’affirmer que tout l’éclairage ainsi que BLU, radar, VHF, sondeur la plupart du temps et pilote automatique fonctionnent. Oui, nous sommes fort bien équipés. Certains n’avaient jamais fonctionnés -pour cause de mauvais branchements, de manque d’énergie, de batteries usagées ou autre-, d’autres s’étaient faits remarquer plus récemment. Pour cela, il a fallu repasser tous les câbles, replacer les antennes, refaire toutes les soudures, utiliser des gaines de protection, réviser les connexions aux batteries, refaire tout le tableau électrique, changer les batteries etc. Cela veut dire, travailler dans des positions très inconfortables et par des températures qui n’y invitent pas.

 

 



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